Voyages-SNCF.com a fêté ses dix ans en 2010. Retour sur l’essor d’un service devenu leader du commerce électronique et une référence dans l’exploitation des solutions open source.
Incontestablement, Voyages-SNCF.com s’est hissé au sommet du commerce électronique en France. Le service de réservation de billets du groupe SNCF a fêté ses dix ans en 2010. La branche VSC Technologies, qui exploite le site marchand, a désormais le regard tourné vers le potentiel de la mobilité. Pierre Matuchet, Directeur Général Adjoint de VSC en charge des technologies, revient sur l’essor de ce service Internet transactionnel phare. Il justifie le virage open source – assez radical – pour la plate-forme technologique Voyages-SNCF.com au nom de la performance (interview réalisée le 17/12/10)
Extraits :
ITespresso.fr : Dans quelle mesure la plate-forme technique migre vers l’open source ?
Pierre Matuchet : C’est une migration open source complète, que ce soit le hardware ou le software. Nous basculons fortement vers des plates-formes Intel – Linux. Il ne nous restera plus grand-chose d’un fournisseur hardware racheté par un éditeur de logiciels. On divise par cinq les coûts et on multiplie par cinq les performances. Auparavant, il nous fallait 15 minutes pour redémarrer un serveur. On est passé à trois minutes. Au niveau des serveurs d’applications, nous avons également switché courant juillet 2010 sur une architecture Tomcat liée à des serveurs frontaux Apache. On a mis sur place des outils automatiques permettant de faire basculer progressivement les sites Internet du groupe en open source. Même tendance pour la gestion des contenus : nous passons progressivement sous Drupal. C’est déjà le cas pour tous les sites TGV-Europe. Le mouvement est en cours avec Voyages-SNCF.com.
ITespresso.fr : Pourquoi ce pari de l’open source ?
Pierre Matuchet : Nous sommes rendus compte que nous avions un vrai problème avec les solutions logicielles des éditeurs. Parce qu’ils ne tiennent pas la charge. Leurs solutions ne répondent pas à nos exigences de disponibilités et de charges. Nous nous mettons en mode open source : on n’a rien touché au noyau Tomcat mais nous allons apporter nos contributions sur Drupal. Et nous sommes beaucoup plus à l’aise dans le monde open source qu’éditeur. Il est vrai que nous dégageons des économies d’exploitation mais ce n’était pas la première motivation. Si un éditeur pouvait nous apporter le même niveau de services et de support que l’on dispose aujourd’hui avec l’open source, nous n’hésiterions pas à entamer une collaboration. C’est ce qui se passe avec les solutions propriétaires d’Akamaï (content delivery network) avec un mixte de hardware et software : nous les gardons car nous en sommes très satisfaits. Autre exemple : nous n’avons pas migré la base de données dans l’open source en l’état actuel. C’est trop stratégique : nous restons sur une solution éditeur Oracle car MySQL n’est pas au niveau de performance escompté. Nous considérons que l’IT doit supporter notre croissance. A nous de trouver les composants qui vont bien avec. Mais, la conclusion à laquelle on arrive progressivement, c’est qu’il n’y a que l’open source qui nous permet d’avancer. C’est également une problématique de ressources humaines : nous disposons de 170 collaborateurs (300 personnes en comptant les prestataires externes). Moyenne d’âge : 27 ans. Globalement, ce sont tous des geeks plus ou moins experts. Sur l’open source, ils s’éclatent car ils s’impliquent dans des communautés. C’est un vrai élément de mobilisation des équipes. On a vraiment l’impression de défricher de nouveaux territoires mais avec une qualité de services qui est au rendez-vous. Nous avons aussi un vrai savoir-faire en termes de développement en mode agile et en tests de charge (avec Mercury).
ITespresso.fr : Quelles sont vos perspectives pour 2011 ?
Pierre Matuchet : Mobile, mobile, mobile. Accompagner les ruptures d’usage via les smartphones et les tablettes. On considère que l’usage de notre service sur le mobile est différent que celui observé sur un PC. Nous devons apporter des réponses. Nous sommes également en train de regarder HTML 5.
Source : Publié sur ITespresso.fr par Philippe Guerrier, le 3 janvier 2011 à 0:16
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